Hypnose, EMDR, sophrologie : 7 idées reçues qui empêchent de franchir le pas

Par Sandrine Jégou · Sophrologue & Hypnothérapeute à Toulon et à La Seyne-sur-Mer

« Être mieux dans sa tête, mieux dans son corps pour être bien dans sa vie »

 

Décrocher son téléphone pour un premier rendez-vous, ce n’est jamais tout à fait anodin. La plupart des personnes que je reçois, à Toulon comme à La Seyne-sur-Mer, ont hésité des semaines — parfois des mois — avant de franchir le pas. Rarement par manque d’envie. Le plus souvent à cause de tout ce qu’elles avaient entendu, lu ou imaginé sur l’hypnose, l’EMDR ou la sophrologie.

« Et si je perdais le contrôle ? », « Est-ce que ce n’est pas un peu ésotérique ? », « Est-ce que ça marche vraiment sur moi ? » Ces questions sont légitimes, et elles méritent des réponses claires, sans détour. Voici les sept idées reçues qui reviennent le plus souvent dans mon cabinet — et ce qu’il en est réellement.

Idée reçue n° 1 — « Sous hypnose, je vais perdre le contrôle »

C’est de loin la crainte la plus répandue, et je la comprends : elle vient surtout des spectacles d’hypnose, à la télévision ou dans la rue, où l’on voit des personnes accomplir des choses spectaculaires. Mais l’hypnose de spectacle et l’hypnose thérapeutique n’ont presque rien en commun.

L’hypnose ericksonienne que je pratique repose sur un principe simple : l’hypnose est un état naturel. Vous l’avez déjà vécu des dizaines de fois sans le savoir — au volant, sur un trajet habituel, quand votre esprit vagabonde tout en restant capable de freiner instantanément si la voiture devant vous ralentit. Une partie de vous rêvasse, une autre reste vigilante. C’est exactement cet état, un peu plus profond, que nous provoquons en séance.

À aucun moment vous ne dormez, à aucun moment vous ne perdez conscience. Vous entendez tout, vous savez ce qui se passe, vous êtes en quelque sorte spectateur de vous-même. Et surtout : personne ne peut vous faire dire ou faire quoi que ce soit qui irait à l’encontre de vos valeurs. L’hypnose ericksonienne est une méthode non directive — rien ne vous est imposé, je ne fais que vous accompagner vers vos propres ressources.

Ce que vous ressentez réellement en séance

  • Vous restez conscient et lucide du début à la fin de la séance.
  • Vous pouvez parler, bouger, ou ouvrir les yeux si vous le souhaitez.
  • Vous gardez à tout instant la liberté de refuser une suggestion.
  • Vous vous souvenez, dans la plupart des cas, de l’ensemble de la séance.

 

Idée reçue n° 2 — « L’EMDR, c’est de la magie, ce n’est pas scientifique »

Je l’entends souvent, parce que le principe surprend : suivre des yeux un mouvement de gauche à droite pour apaiser un souvenir douloureux, cela peut sembler trop simple pour être sérieux. C’est pourtant tout l’inverse.

L’EMDR (désensibilisation et retraitement par les mouvements oculaires) est aujourd’hui l’une des approches les mieux évaluées pour le stress post-traumatique. En France, elle est reconnue par la Haute Autorité de Santé (HAS) et par l’INSERM. À l’échelle internationale, l’Organisation Mondiale de la Santé (OMS) la recommande comme thérapie de choix face aux psychotraumatismes.

Dans mon cabinet, je pratique le RITMO® (Retraitement de l’Information Traumatique par Mouvements Oculaires), une méthode qui associe l’hypnose ericksonienne et l’approche EMDR. Le principe : lors d’un choc, le cerveau peut rester « figé » sur l’événement, incapable de le ranger parmi les souvenirs ordinaires. Les stimulations bilatérales — visuelles, auditives ou tactiles, alternées gauche/droite — relancent le système naturel de traitement de l’information, comme un mécanisme qui se remet en mouvement. Le souvenir demeure, mais il cesse de faire mal.

Ce que disent les autorités de santé

Instance

Position sur l’EMDR

HAS — France

Recommandée dans la prise en charge du stress post-traumatique.

INSERM — France

Efficacité reconnue par l’expertise scientifique collective.

OMS — International

Thérapie de choix pour les troubles de stress post-traumatique.

 

Idée reçue n° 3 — « La sophrologie, ce n’est que de la relaxation »

La relaxation en fait partie, c’est vrai — mais la réduire à cela, c’est passer à côté de l’essentiel. La sophrologie est une méthode structurée, née dans les années 1960, qui associe la respiration, la détente du corps et, surtout, la visualisation positive.

L’objectif n’est pas seulement de vous détendre le temps d’une séance. Il est de vous rendre autonome. Chaque exercice que nous pratiquons ensemble, vous repartez avec : un outil réutilisable chez vous, avant un examen, une nuit difficile, un moment de tension. Beaucoup de mes clients parlent d’une véritable boîte à outils personnelle — et c’est exactement l’idée.

Une boîte à outils à emporter

  • Des techniques de respiration mobilisables en quelques secondes.
  • Des exercices de détente corporelle pour relâcher les tensions.
  • Des visualisations positives pour se préparer à un événement.
  • Une autonomie durable : vous n’avez plus besoin de moi pour les utiliser.

 

Idée reçue n° 4 — « Ça ne marche pas si on n’y croit pas »

C’est une confusion fréquente avec la pensée positive ou l’effet placebo. Rassurez-vous : vous n’avez pas besoin d’y « croire » pour que cela fonctionne.

L’hypnose s’appuie sur un mécanisme naturel du cerveau, présent chez chacun d’entre nous. De la même manière que vous n’avez pas besoin de croire à la digestion pour digérer, vous n’avez pas besoin de croire à l’hypnose pour entrer dans cet état. Tout le monde est réceptif, simplement à des degrés différents : certaines personnes entrent vite et profondément, d’autres plus progressivement.

Ce qui compte vraiment, ce n’est pas la croyance, mais l’envie sincère de changer et le fait de se sentir en confiance. Le scepticisme n’est pas un obstacle — il est même sain. Ce qui bloquerait, en revanche, ce serait de venir totalement contraint, sans aucun désir d’avancer.

Idée reçue n° 5 — « Combien de séances faut-il vraiment ? »

C’est LA question pratique, et je préfère y répondre honnêtement plutôt que de promettre un chiffre magique. La sophrologie, l’hypnose ericksonienne et le RITMO® font partie des thérapies brèves : l’idée n’est pas de vous installer dans un suivi qui s’éternise, mais de vous aider à retrouver votre autonomie le plus vite possible.

Le nombre de séances dépend de votre objectif, de votre histoire et de votre rythme. Voici quelques ordres de grandeur, donnés à titre purement indicatif — chaque parcours reste unique.

Des ordres de grandeur indicatifs

Accompagnement

Nombre de séances (indicatif)

Arrêt du tabac — hypnose

1 à 3 séances

Stress, émotions, examens — sophrologie

5 à 10 séances

Sommeil — sophrologie

Quelques séances selon les habitudes installées

Traumatisme / stress post-traumatique — RITMO® (EMDR)

1 à quelques séances dans la majorité des cas

 

Nous faisons régulièrement le point ensemble : vous restez maître de la durée de votre accompagnement.

Idée reçue n° 6 — « Est-ce remboursé ? »

Soyons transparents : à ce jour, les séances de sophrologie et d’hypnothérapie ne sont pas prises en charge par l’Assurance Maladie, car ces disciplines ne sont pas conventionnées par la Sécurité sociale.

En revanche, de plus en plus de mutuelles (complémentaires santé) proposent un forfait « médecines douces » ou « bien-être » qui peut couvrir tout ou partie des séances. Le montant et le nombre de séances remboursées varient d’un contrat à l’autre.

Mon conseil : avant de commencer, contactez votre mutuelle et demandez si un forfait « sophrologie » ou « thérapies alternatives » est inclus. Je vous remets systématiquement une note d’honoraires que vous pourrez transmettre à votre complémentaire.

Idée reçue n° 7 — « Est-ce dangereux ? »

Pratiquées par un professionnel formé, la sophrologie, l’hypnose ericksonienne et le RITMO® sont des méthodes douces et sans danger. Il n’y a ni médicament, ni manipulation, ni perte de contrôle — nous l’avons vu plus haut.

Cela dit, être sincère avec vous, c’est aussi vous dire que ces approches ne conviennent pas à toutes les situations. Elles ne remplacent jamais un suivi médical ou psychiatrique en cours, et dans certains cas, je préfère vous orienter vers un autre professionnel. C’est une question de déontologie, et de respect de votre sécurité.

Les situations où je préfère vous orienter ailleurs

  • En présence de certains troubles psychiatriques sévères (psychose, schizophrénie…), où ces techniques ne doivent pas se substituer à un traitement médical.
  • Lorsqu’un suivi médical est en cours : je travaille alors en complément, jamais à la place.
  • Si votre demande relève avant tout de la médecine : je vous invite d’abord à consulter votre médecin traitant.

 

Un praticien sérieux connaît ses limites et sait dire « ceci n’est pas de mon ressort ». C’est aussi à cela que l’on reconnaît un accompagnement de confiance. Je suis moi-même diplômée de l’Institut de Sophrologie de Rennes (ISR), certifiée RNCP, et je m’engage à respecter un code de déontologie.

Et si le vrai risque, c’était de rester bloqué ?

La plupart des personnes qui repoussent leur première séance ne le font pas par désintérêt, mais par prudence — et cette prudence est respectable. J’espère qu’après cette lecture, quelques-unes de vos hésitations se sont dissipées.

Il n’y a pas de « bon moment » idéal. Il y a simplement le moment où l’on décide de ne plus laisser le stress, une douleur, une addiction ou un souvenir douloureux décider à notre place. Mon rôle n’est pas de vous transformer, mais de vous aider à retrouver des ressources qui sont déjà en vous.

Si vous avez la moindre question, ou si vous souhaitez simplement échanger avant de vous décider, je reçois à Toulon Centre et à La Seyne-sur-Mer (Les Playes). Et si vous préférez, le premier pas peut être aussi simple qu’un appel.